{"id":303,"date":"2020-02-17T15:24:44","date_gmt":"2020-02-17T15:24:44","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/sulunsukuku\/?p=303"},"modified":"2020-02-17T15:24:44","modified_gmt":"2020-02-17T15:24:44","slug":"le-courage-dune-enfant-sous-les-projecteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sulunsuku.net\/?p=303","title":{"rendered":"Le courage d\u2019une enfant sous les projecteurs"},"content":{"rendered":"\n<p>\u2018\u2018<em><strong>Desrances\u2019\u2019. A ce cinquantenaire du FESPACO, ce patronyme est sur presque toutes les l\u00e8vres. Depuis une premi\u00e8re projection le 26 f\u00e9vrier au cin\u00e9 Neerwaya, le film ne cesse de faire salle comble. Dans ce 3<\/strong><\/em><sup><em><strong>e<\/strong><\/em><\/sup><em><strong>&nbsp;long m\u00e9trage fiction, la r\u00e9alisatrice et sc\u00e9nariste burkinab\u00e8 Apolline Traor\u00e9 aborde une double probl\u00e9matique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, celle de la transmission du nom et, de l\u2019autre, les cons\u00e9quences des guerres. Pendant 96 mn, des com\u00e9diens comme Jimmy Jean Louis, Naomie J\u00e9mima Nemlin, S\u00e9kou Oumar Sidib\u00e9 et Delphine Ouattara emportent les cin\u00e9philes en plein c\u0153ur de la guerre civile ivoirienne.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le massacre de ses parents par le r\u00e9gime dictatorial en place, Francis Desrances s\u2019enfuit de son pays, Ha\u00efti. D\u00e9sormais seul au monde, il s\u2019exile en Afrique, son continent d\u2019origine. Refugi\u00e9 en C\u00f4te d\u2019ivoire, Francis se reconstruit aux cot\u00e9s de sa femme Aissey et se sa fille de 12 ans Haila. Cette petite famille est, cependant, loin de satisfaire ses attentes. L\u2019homme attend, avec impatience, un h\u00e9ritier. Un gar\u00e7on \u00e0 qui il l\u00e8guera sa boutique d\u2019\u00e9lectronique. Un fils auquel il transmettra le nom de son anc\u00eatre, le g\u00e9n\u00e9ral Lamour Desrances. Apr\u00e8s plusieurs fausses couches, Aissey tombe, enfin, enceinte du fils tant esp\u00e9r\u00e9 au plus grand bonheur de son mari. Mais une guerre civile vient entacher ce tableau familial.<\/p>\n\n\n\n<p>Apolline Traor\u00e9 montre, alors, un Francis aux anges. A travers de gros plans, la joie transparait sur le visage de l\u2019acteur, et le bonheur l\u2019anime. Nuits et jours, il se consacre \u00e0 la confection du berceau de son fils \u00e0 na\u00eetre. Au fils des s\u00e9quences qui s\u2019enchainent, Francis est dans une bulle. Bais\u00e9s, toujours tactile sur le ventre de sa femme, plus rien ne compte \u00e0 part son futur h\u00e9ritier, Najak, ancien pr\u00e9nom ha\u00eftien qui signifie le messager. L\u2019obsession de Francis pour son fils transparait \u00e9galement lorsque ce dernier veut faire admettre sa femme \u00e0 l\u2019h\u00f4pital \u00e0 deux mois de son accouchement. Selon lui, au regard des combats et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans le pays, sa femme serait mieux en compagnie de son m\u00e9decin.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"427\" src=\"https:\/\/sulunsuku.net\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-3-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-305\" srcset=\"https:\/\/sulunsuku.net\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-3-1.jpeg 640w, https:\/\/sulunsuku.net\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-3-1-300x200.jpeg 300w, https:\/\/sulunsuku.net\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-3-1-630x420.jpeg 630w, https:\/\/sulunsuku.net\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-3-1-150x100.jpeg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Un des acteurs principaus du film&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette situation Haila, sa fille ain\u00e9e, se sent d\u00e9laiss\u00e9e par son p\u00e8re. Elle veut que son p\u00e8re s\u2019int\u00e9resse \u00e0 elle et c\u2019est bient\u00f4t l\u2019occasion pour elle d\u2019entrer en sc\u00e8ne. Pendant un braquage de leur appartement, Aissey entre en travail. Elle est conduite, avec difficult\u00e9s, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. La r\u00e9alisatrice compte bien entretenir le suspense chez les spectateurs car, contre toute attente, la m\u00e8re et le fils disparaissent sans aucune explication. On retrouve un Francis Desrances obstin\u00e9 \u00e0 retrouver son fils. Francis perd la t\u00eate. Il n\u2019a plus qu\u2019une seule envie retrouver Najak.<\/p>\n\n\n\n<p>Face au d\u00e9sarroi de son p\u00e8re, Haila se montre courageuse. Contre vents et mar\u00e9es, elle reste aux c\u00f4t\u00e9s de son p\u00e8re. Couvre-feu, crises d\u2019angoisses, fatigue, peur. Rien ne la fait reculer. A plusieurs reprises, elle sort son p\u00e8re de situations d\u00e9sastreuses. C\u2019est l\u2019exemple de la sc\u00e8ne o\u00f9 Haila sauve son p\u00e8re d\u2019une agression, du fait de sa nationalit\u00e9 ha\u00eftienne, en chantant l\u2019hymne nationale de C\u00f4te d\u2019Ivoire. Ainsi, la r\u00e9alisatrice veut, sans doute, montrer qu\u2019une fille peut \u00eatre tout aussi forte qu\u2019un gar\u00e7on. En effet, Haila veut \u00eatre reconnu par son p\u00e8re si bien que quand celui-ci loue son courage, la cam\u00e9ra montre une fillette sourire aux l\u00e8vres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le traumatisme de la guerre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 du combat f\u00e9ministe, mat\u00e9rialis\u00e9 par le courage et la d\u00e9termination du r\u00f4le de Haila incarn\u00e9 par Naomie J\u00e9mima Nemlin, Apolline Traor\u00e9 peint, sur un tableau noir, les effets que peuvent susciter une guerre. En effet, pendant l\u2019anniversaire de son beau-p\u00e8re, des coups de p\u00e9tards r\u00e9veillent en Francis les douloureux souvenirs de la crise Ha\u00eftienne de 1994. En outre, face \u00e0 la pr\u00e9sence militaire dans la ville, l\u2019homme est pris de crises d\u2019angoisses. De plus, un d\u00e9cor funeste, dans lequel prisonniers et drogu\u00e9s sont ma\u00eetres, font ressortir la peur et la psychose des populations. A l\u2019h\u00f4pital, des images de morts et de bless\u00e9s font froid dans le dos. Dans ce monde de meurtres, braquages et rackets, vient s\u2019adjoindre une hausse de prix des denr\u00e9es alimentaires. Le sac de riz de 5kg est vendu \u00e0 10.000fcfa.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le film, rien n\u2019est laiss\u00e9 au hasard. Le d\u00e9cor emporte en plein c\u0153ur la crise ivoirienne. H\u00e9licopt\u00e8res, cargos militaires, troupes onusiennes \u00e0 tout coin de rue, impact de balles. Au milieu de tout cela, des populations d\u00e9plac\u00e9es et une ville transform\u00e9es en v\u00e9ritable bunker. On se croirait dans un documentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet univers dramatique, la sc\u00e9nariste apporte un peu de r\u00e9pit \u00e0 son public. L\u2019humour s\u2019allie au drame pour montrer comment Francis Desrances est maltrait\u00e9 \u00e0 cause sa nationalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re, sans pour autant que ses bourreaux sache o\u00f9 se situe Haiti.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2018\u2018<em>Desrances\u2019\u2019<\/em>, c\u2019est aussi un beau jeu d\u2019acteur accompagn\u00e9 d\u2019une musique palpitante. Du haut de ses douze ann\u00e9es et pour une premi\u00e8re exp\u00e9rience, Naomie alias Haila a su incarner son personnage. Tristesse, joies, peurs, force, courage. Autant d\u2019\u00e9tats que la jeune actrice incarne \u00e0 souhait dans le film. La qualit\u00e9 du jeu des acteurs d\u00e9montre le s\u00e9rieux avec lequel le casting a \u00e9t\u00e9 fait.<\/p>\n\n\n\n<p>Seul b\u00e9mol \u00e0 ce 3<sup>e<\/sup>&nbsp;long m\u00e9trage d\u2019Apolline Traor\u00e9, la disparition d\u2019Aissey est assez brusque. Cette partie soul\u00e8ve de nombreuses interrogations&nbsp;: o\u00f9 est-elle&nbsp;? A-t-elle \u00e9t\u00e9 kidnapp\u00e9e&nbsp;? Est-elle morte&nbsp;? A-t-on manqu\u00e9 une partie du film&nbsp;? Probl\u00e8me de narration ou de montage, il faut attendre la fin du film pour \u00eatre situ\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le moins que l\u2019on puisse dire c\u2019est que ce film est un bel hommage au r\u00e9alisateur Idrissa Ou\u00e9draogo \u00e0 qui il est d\u00e9di\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Samira Lydivine SAMANDOULGOU<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Photographe: Germain KIEMTORE<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2018\u2018Desrances\u2019\u2019. A ce cinquantenaire du FESPACO, ce patronyme est sur presque toutes les l\u00e8vres. Depuis une premi\u00e8re projection le 26 f\u00e9vrier au cin\u00e9 Neerwaya, le film ne cesse de faire salle comble. Dans ce 3e long m\u00e9trage fiction, la r\u00e9alisatrice et sc\u00e9nariste burkinab\u00e8 Apolline Traor\u00e9 aborde une double probl\u00e9matique. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, celle de la transmission du nom et, de l\u2019autre, les cons\u00e9quences des guerres. Pendant 96 mn, des com\u00e9diens comme Jimmy Jean Louis, Naomie J\u00e9mima Nemlin, S\u00e9kou Oumar Sidib\u00e9 et Delphine Ouattara emportent les cin\u00e9philes en plein c\u0153ur de la guerre civile ivoirienne.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":304,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"tdm_status":"","tdm_grid_status":"","footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":{"0":"post-303","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-festivals"},"featured":[],"video_post":[],"video_url":false,"youtube_url":"","vimeo_url":"","custom":{"featured_image":"https:\/\/sulunsuku.net\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/news_105_1-1.jpg","author":{"name":"Sulunsuku","avatar":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/93011c6b81bdf8d984dd7080c3b0ae1c5e701762b963e74febd2552e228403fc?s=96&d=mm&r=g"},"categories":[{"term_id":12,"name":"Festivals","slug":"festivals","term_group":0,"term_taxonomy_id":12,"taxonomy":"category","description":"","parent":8,"count":12,"filter":"raw","cat_ID":12,"category_count":12,"category_description":"","cat_name":"Festivals","category_nicename":"festivals","category_parent":8}],"views":"3"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/303","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=303"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/303\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/304"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}