{"id":276,"date":"2020-02-17T15:03:25","date_gmt":"2020-02-17T15:03:25","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/sulunsukuku\/?p=276"},"modified":"2020-02-17T15:03:25","modified_gmt":"2020-02-17T15:03:25","slug":"the-best-gadgets-from-ifa-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sulunsuku.net\/?p=276","title":{"rendered":"Une \u00e9crivaine derri\u00e8re la cam\u00e9ra"},"content":{"rendered":"\n<p><em><strong>A l\u2019annonce de son nom en tant qu\u2019Etalon d\u2019or de Yennega dans la cat\u00e9gorie documentaire, Chlo\u00e9 A\u00efcha Boro\/Letterier semble plus que surprise. Toute tremblante, elle quitte sa chaise au milieu de ses coll\u00e8gues et rejoint le podium pour recevoir son prix. La c\u00e9r\u00e9monie de cl\u00f4ture du 26<\/strong><\/em><sup><em><strong>e<\/strong><\/em><\/sup><em><strong>&nbsp;FESPACO finie, elle re\u00e7oit quelques f\u00e9licitations avant de r\u00e9pondre, l\u2019\u0153il p\u00e9tillant, aux questions de journalistes. C\u2019est s\u00fbr, ce prix, d\u00e9cern\u00e9 au film \u00ab&nbsp;Le loup d\u2019or de Balol\u00e9&nbsp;\u00bb, permet aux \u00ab&nbsp;gens de cette carri\u00e8re en plein c\u0153ur de Ouagadougou de sortir du hors-champs social&nbsp;\u00bb. Et c\u2019est une victoire pour cette femme de lettres, mais aussi, et d\u00e9sormais, de l\u2019image.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Bonsoir \u00e0 tous&nbsp;! Merci d\u2019\u00eatre l\u00e0, aussi nombreux, pour la projection&nbsp;de mon film, \u2018\u2018Le loup d\u2019or de Balol\u00e9\u2019\u2019!<\/em>&nbsp;\u00bb A l\u2019audition de cette phrase, un rire parcourt la dizaine de cin\u00e9philes pr\u00e9sents, en cette apr\u00e8s-midi de mi-FESPACO, dans la salle de projection du th\u00e9\u00e2tre Koamba Lankoand\u00e9 du Centre National des Arts, du Spectacle et de l\u2019Audiovisuel (CENASA). Avec ces quelques mots, Chlo\u00e9 A\u00efcha Boro\/Letterier s\u2019est d\u00e9voil\u00e9e, telle qu\u2019elle est. Franche et pleine d\u2019humour. Des traits de caract\u00e8res perceptibles dans les \u0153uvres de celle qui a, d\u2019abord, empoign\u00e9 la plume pour raconter des histoires.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019aventure devient publique en 2006. Chlo\u00e9 A\u00efcha Boro\/Letterier signe son entr\u00e9e dans le monde des \u00e9crivains du Burkina Faso. Alors \u00e9tudiante en Lettres Modernes \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Ouagadougou, elle est laur\u00e9ate d\u2019un concours litt\u00e9raire et publie, dans la foul\u00e9e, \u2018\u2018<em>Paroles d\u2019orpheline\u2019\u2019<\/em>. Ce premier roman, aux relents autobiographiques, est l\u2019expression d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9. Elle confie \u00e0 l\u2019\u00e9poque&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Quand j\u2019\u00e9tais gamine, je me sentais rejet\u00e9e par mon entourage, surtout mes tutrices&nbsp;; et il m\u2019arrivait aussi d\u2019\u00e9coper de punitions pour des fautes que je n\u2019avais pas commises. J\u2019avais besoin de parler, de me confier pour diminuer ma peine. L\u2019\u00e9criture est devenue une bonne confidente, un abri, un refuge.<\/em>&nbsp;\u00bb Quand, quelques ann\u00e9es plus tard, elle d\u00e9couvre l\u2019\u00e9criture romanesque et bien avant \u00e0 travers des \u00e9crivains comme Ahmadou Kon\u00e9 ou Cheickh Amidou Kane, le lien avec ses \u00e9crits d\u2019orpheline se fait. Rassembl\u00e9s avec une belle part d\u2019imagination, ils racontent l\u2019histoire d\u2019une enfance difficile puisant dans son v\u00e9cu personnel. Le livre est salu\u00e9 par le Prix litt\u00e9raire Naji Naaman au Liban en 2007. Au moment o\u00f9 \u2018\u2018<em>L\u2019\u0153il du bouc<\/em>\u2019\u2019, son deuxi\u00e8me livre, sort, A\u00efcha Boro ressent le besoin d\u2019\u00e9largir ses horizons.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;\u2026&nbsp;<\/strong><em><strong>Je suis une amoureuse des lettres mais aussi des images, des belles images.<\/strong><\/em><strong>&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant qu\u2019elle termine ses \u00e9tudes universitaires, la jeune \u00e9crivaine fait la journaliste pour les revues La voix du Sahel et Le Marabout. En plus, elle r\u00e9alise et pr\u00e9sente des \u00e9mssions sur la radio Gambidi et anime, aussi, une \u00e9mission sur l\u2019agriculture, d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab&nbsp;<em>Tv Koodo<\/em>&nbsp;\u00bb, sur les antennes de la t\u00e9l\u00e9vision nationale. D\u2019ailleurs, ce programme re\u00e7oit un prix aux Galian, les troph\u00e9es des meilleures productions t\u00e9l\u00e9visuelles du Faso. Mais cela ne suffit pas \u00e0 &nbsp;Chlo\u00e9 A\u00efcha Boro pour s\u2019exprimer. Et puisque le monde del\u2019image ne lui est pas \u00e9tranger, elle s\u2019en saisit et le justifie en ces termes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La litt\u00e9rature est un outil formidable et assez complet. Mais elle peut avoir ses limites dans le sens o\u00f9 il y a des choses qu\u2019on peut avoir besoin de montrer visuellement et avec elle, on n\u2019a pas le recours au visuel. De ce point de vue, le cin\u00e9ma s\u2019av\u00e8re une sorte de compl\u00e9ment formidable.<\/em>&nbsp;<em>En fait<\/em>, j<em>e suis une amoureuse des lettres mais aussi des images, des belles images.<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.sulunsuku.com\/FR\/assets\/ckfinder\/core\/connector\/php\/uploads\/images\/059c057a0c68f7db33b4852876e64675-saint-lo-chloe-aicha-boro-garde-l-afrique-au-coeur.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Photo &nbsp;de A\u00efcha Boro, extraite du site Ouest.fr&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019en \u00ab&nbsp;<em>for\u00e7ant les choses car n\u2019ayant pas fait d\u2019\u00e9tudes de cin\u00e9ma<\/em>&nbsp;\u00bb, elle r\u00e9alise, en 2009, \u2018\u2018<em>Echange de bons proc\u00e9d\u00e9s<\/em>\u2019\u2019 sa premi\u00e8re fiction court m\u00e9trage. S\u2019en suivront son premier documentaire court m\u00e9trage \u2018\u2018<em>Sur les traces de Salimata\u2019\u2019<\/em>, \u2018\u2018<em>Farafin ko<\/em>\u2019\u2019en 2014 (grand prix du documentaire au festival Africlap de Toulouse et grand prix long m\u00e9trage au festival international du documentaire de Blitta au Togo), en cor\u00e9alisation avec Vincent Schmitt, \u2018\u2018&nbsp;<em>France au revoir, le nouveau commence triangulaire\u2019\u2019<\/em>, 2017,(Prix du meilleur documentaire long m\u00e9trage au festival Vues d\u2019Afrique au Canada) et \u2018\u2018<em>Le loup d\u2019or de Balol\u00e9<\/em>\u2019\u2019 en 2019. Ce documentaire qui re\u00e7oit, pour la premi\u00e8re fois, l\u2019Etalon d\u2019or dans cette cat\u00e9gorie au FESPACO, est une plong\u00e9e dans une carri\u00e8re en plein c\u0153ur de Ouagadougou, pour faire connaissance avec ce monde de plus de 2&nbsp;500 \u00e2mes ignor\u00e9 mais bien r\u00e9el. \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est une mise en lumi\u00e8re d\u2019un&nbsp;<\/em>\u00ab&nbsp;<em>hors-champ social<\/em>&nbsp;\u00bb confit la r\u00e9alisatrice. Apr\u00e8s la biennale du cin\u00e9ma africain, Le dernier n\u00e9 de A\u00efcha Boro a re\u00e7u, cette ann\u00e9e, une mention sp\u00e9ciale du jury du festival Vues d\u2019Afrique de Montr\u00e9al. Tout en continuant d\u2019en faire la promotion, elle a d\u00e9j\u00e0 fait les rep\u00e9rages de son prochain film. Celui-ci sera comme un prolongement de sa derni\u00e8re sortie litt\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, en septembre 2018 en France, l\u2019auteure publie \u2018\u2018<em>Notre jihad int\u00e9rieur<\/em>\u2019\u2019, sa troisi\u00e8me \u0153uvre litt\u00e9raire. Elle est inspir\u00e9e des attentats de l\u2019hyper carsher \u00e0 Paris. \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai fait une grande partie de mon enfance dans une famille musulmane o\u00f9 \u2026 il n\u2019\u00e9tait absolument pas question de prendre des armes contre qui que ce soit. Je suis Coulibaly de par ma m\u00e8re. C\u2019est mon matronyme et non mon patronyme. J\u2019ai donc eu besoin de prendre la plume pour aller explorer cette matrice spirituelle pour voir un peu cet h\u00e9ritage anthologique qu\u2019elle nous laisse.&nbsp;<\/em>\u00bb Explique-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre la plume et l\u2019image, la maman de trois enfants refuse de privil\u00e9gier l\u2019une ou l\u2019autre car, dit-elle, ces deux instruments sont, plus que jamais, \u00e0 sa disposition pour raconter, questionner son monde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Annick Rachel KANDOLO<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019annonce de son nom en tant qu\u2019Etalon d\u2019or de Yennega dans la cat\u00e9gorie documentaire, Chlo\u00e9 A\u00efcha Boro\/Letterier semble plus que surprise. Toute tremblante, elle quitte sa chaise au milieu de ses coll\u00e8gues et rejoint le podium pour recevoir son prix. 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