{"id":254,"date":"2020-02-17T14:32:56","date_gmt":"2020-02-17T14:32:56","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/sulunsukuku\/?p=254"},"modified":"2020-02-17T14:32:56","modified_gmt":"2020-02-17T14:32:56","slug":"boxtrade-lands-50-million-in-another-new-funding-round","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sulunsuku.net\/?p=254","title":{"rendered":"Le cin\u00e9ma en Province: le cin\u00e9ma se meurt \u00e0 Ouayigouya"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>La r\u00e9gion du Nord compte 04 salles de cin\u00e9ma dont une seule fonctionne. Il s\u2019agit du cin\u00e9 Palace de Ouayigouya. Cette salle priv\u00e9e rencontre, cependant, beaucoup de difficult\u00e9s. Elle est m\u00eame menac\u00e9e de fermeture pour diverses raisons<\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Situ\u00e9 sur l\u2019avenue de Mopti, c\u00f4t\u00e9 ouest du grand march\u00e9 de Ouahigouya, le cin\u00e9 Palace est un \u00e9difice \u00e0 l\u2019aspect peu attrayant. La plaque bleue, cens\u00e9e le r\u00e9v\u00e9ler aux passants, se perd sur une fa\u00e7ade de couleur ocre compl\u00e8tement d\u00e9fra\u00eechie. En cette journ\u00e9e du 23 janvier, les portes sont closes. A l\u2019entr\u00e9e, une feuille de contre-plaqu\u00e9 fait office de panneau d\u2019affichage. Non loin de l\u00e0, un vendeur de marchandises diverses somnole derri\u00e8re son \u00e9tal grillag\u00e9. \u00ab&nbsp;<em>Bonjour, boutiquier&nbsp;! Pouvez-vous nous donner le contact du g\u00e9rant de la salle de cin\u00e9&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb Demandons-nous. Sorti de sa torpeur, il fait un geste de la main, nous orientant vers le tableau d\u2019affichage et nous fait d\u00e9couvrir un num\u00e9ro t\u00e9l\u00e9phonique. Le contact \u00e9tabli, notre interlocuteur ne tarde pas \u00e0 r\u00e9agir. En fait il n\u2019est jamais loin de son lieu de travail. Oumarou Barry, c\u2019est son nom, est aguets, de jour comme de nuit. Il \u00e9pie les quelques clients qui viennent jeter un coup d\u2019\u0153il sur le film \u00e0 l\u2019affiche. Explique-t-il au t\u00e9l\u00e9phone avant de nous donner rendez-vous. Il promet m\u00eame de venir avec l\u2019un des t\u00e9moins de l\u2019histoire du cin\u00e9ma \u00e0 Ouahigouya.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019heure pr\u00e9vue pour la rencontre, nos deux interlocuteurs sont l\u00e0. Oumarou Barry est accompagn\u00e9 de Boureima Ou\u00e9draogo, machiniste de la salle depuis ses d\u00e9buts.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.sulunsuku.com\/FR\/assets\/ckfinder\/core\/connector\/php\/uploads\/images\/Oumarou%20%20BAARY%20%20Ge%CC%81rant%20Cibe%CC%81%20Palace%20de%20Ouahigouya.jpg\" alt=\"Oumarou Barry, g\u00e9rant du Cin\u00e9 Palace de Ouahigouya\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Oumarou BARRY, g\u00e9rant du Cin\u00e9 Palace de Ouahigouya<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Nous n\u2019avons eu que 04 entr\u00e9es sur 1800 places la semaine derni\u00e8re&nbsp;<\/em>\u00bb, lance, d\u2019entr\u00e9e de jeu, avec un air triste, M. Barry. Depuis 2004, l\u2019homme, \u00e2g\u00e9 de 54 ans, g\u00e8re le cin\u00e9 Palace. Mais, il se montre d\u00e9j\u00e0 nostalgique de ses deux premi\u00e8res de g\u00e9rance. En effet le nombre de cin\u00e9philes oscillait entre 300 et 400 par semaine, avec des records de 600 quand un film africain \u00e9tait projet\u00e9. Il fait toute de suite remarquer la baisse significative de sa client\u00e8le. Depuis 2006, Oumarou Barry se bat pour ne pas fermer la salle. Et pour lui, c\u2019est une bataille qu\u2019il doit gagner vaille que vaille. Cela \u00e9viterait \u00e0 la capitale de la r\u00e9gion du Nord d\u2019\u00eatre une ville sans salle de cin\u00e9. Ouahigouya en comptait deux mais l\u2019autre, le cin\u00e9 Yad\u00e9ga, situ\u00e9 \u00e0 quelques m\u00e8tres de l\u00e0, a \u00e9t\u00e9 revendu et d\u00e9moli par le nouveau repreneur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le g\u00e9rant ouvre finalement la porte de la salle. Un bel espace de spectacle avec une grande sc\u00e8ne. Son \u00e9tat montre, n\u00e9anmoins, la d\u00e9solation de cette maison du 7<sup>e<\/sup>&nbsp;art. De la poussi\u00e8re sur les chaises et des murs d\u00e9labr\u00e9s t\u00e9moignent du vieillissement de la salle. Le b\u00e2timent, construit par un fran\u00e7ais, existe depuis plus de 50 ans.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.sulunsuku.com\/FR\/assets\/ckfinder\/core\/connector\/php\/uploads\/images\/Boureima%20OUE%CC%81DRAOGO,%20Machiniste%20du%20Cine%CC%81%20Palace.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Boureima OUEDRAOGO, Machiniste de Cin\u00e9 Palace<\/p>\n\n\n\n<p>Boureima Ou\u00e9drago s\u2019invite dans la discussion. Avec un brin de m\u00e9lancolie, il raconte&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;A l\u2019\u00e9poque, le ticket d\u2019entr\u00e9e coutait 40 francs pour les 2 s\u00e9ances. Les films que nous suivions cadraient avec la r\u00e9alit\u00e9 du moment. Il n\u2019y avait pas de fiction, tout \u00e9tait naturel. Les th\u00e8mes \u00e9taient vraiment pertinents&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>Il ajoute qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, les salles refusaient du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin de la salle, nous rencontrons un cin\u00e9phile des ann\u00e9es 70. Il raconte cette anecdote&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>A notre temps, les tickets coutaient 15f et apr\u00e8s chaque projection, on avait droit \u00e0 une boite d\u2019allumette qu\u2019on remettait \u00e0 nos mamans et c\u2019\u00e9tait une forme de motivation pour nous&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma n\u2019attire plus grand monde \u00e0 Ouahigouya. Et la principale raison, selon O. Barry, est la piraterie croissante. Pour lui, les cin\u00e9philes pr\u00e9f\u00e8rent t\u00e9l\u00e9charger les films via internet gr\u00e2ce aux nouveaux appareils ou acheter des disques pirat\u00e9s \u00e0 moindre co\u00fbt. Le g\u00e9rant \u00e9voque d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments. Les jeunes qui pr\u00e9f\u00e8rent, davantage, les loisirs dans les maquis&nbsp;ou suivre un film \u00e0 la maison. A ceux-ci s\u2019ajoute l\u2019existence des vid\u00e9oclubs qui \u00ab&nbsp;<em>tuent le cin\u00e9ma<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Redynamiser le cin\u00e9ma dans le Yatenga<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Boureima Ou\u00e9draogo pr\u00f4ne un retour aux films li\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s burkinab\u00e8&nbsp;:<em>\u00ab&nbsp;Je prends l\u2019exemple des films de feu Idrissa Ou\u00e9draogo, Yaaba et la col\u00e8re des dieux, qui ont rempli la salle pendant plus de deux semaines parce qu\u2019ils r\u00e9pondaient aux attentes du public.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour lui et son machiniste, l\u2019Etat a contribu\u00e9 \u00e0 mettre \u00e0 mal le cin\u00e9ma, notamment avec la privatisation de la Soci\u00e9t\u00e9 Nationale du Cin\u00e9ma Burkinab\u00e8 (SONACIB). Cons\u00e9quence, toutes les salles se sont vid\u00e9es. Le mat\u00e9riel est inadapt\u00e9 parce que des cassettes venues de l\u2019ext\u00e9rieur sont souvent de mauvaises qualit\u00e9s et \u00e0 la projection, les cassettes ray\u00e9es d\u00e9\u00e7oivent les cin\u00e9philes.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la promotion des films au programme, M Barry a l\u2019ambition de faire de la publicit\u00e9 sur les radios de la ville et aussi r\u00e9nover les lieux. Mais o\u00f9 trouver l\u2019argent&nbsp;? C\u2019est l\u2019\u00e9quation \u00e0 r\u00e9soudre pour le g\u00e9rant. Il pense aussi \u00e0 renouveler les films \u00e0 l\u2019affiche en mettant l\u2019accent sur ceux africains. \u00ab&nbsp;<em>Les films hindous et karat\u00e9 \u00e9taient jadis pris\u00e9s, mais ce n\u2019est plus le cas maintenant.<\/em>&nbsp;\u00bb affirme-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Au nombre des initiatives visant \u00e0 faire revivre le cin\u00e9ma \u00e0 Ouahigouya, il y a celle d\u2019une famille espagnole \u00e0 travers l\u2019institut Olvido. Ce centre culturel, construit en 2011, est arriv\u00e9 avec la haute technologie. Il \u00e9tait le seul \u00e0 projeter le cin\u00e9ma en trois dimensions au Burkina&nbsp;; faisant, ainsi, la fiert\u00e9 de la ville dans le domaine du cin\u00e9ma. Des campagnes de sensibilisations se faisaient \u00e0 travers la projection de films documentaires. L\u2019institut a m\u00eame organis\u00e9 des \u00e9ditions du FESPACO \u00e0 Ouahigouya. Il faisait venir des acteurs du cin\u00e9ma tels Eug\u00e8ne BAYALA, connu sous le nom de Oyou, et Joseph TABSOBA alias Chocho. Malheureusement, lui aussi a \u00e9t\u00e9 victime de la crise \u00e9conomique qui frappe le monde du septi\u00e8me art. En 2018, apr\u00e8s avoir vendu son si\u00e8ge (\u00e0 sa place, se dresse un b\u00e2timent de haut standing), Olvido a r\u00e9duit ses services au strict minimum, voire chang\u00e9 de domaine d\u2019intervention. Il travaille dans l\u2019humanitaire actuellement.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019on parle du FESPACO, M. Barry reste sceptique. N\u2019ayant aucun partenariat avec le festival, sa salle ne re\u00e7oit les films projet\u00e9s pendant la biennale du cin\u00e9ma que longtemps apr\u00e8s. Ce grand rendez-vous n\u2019influence, en aucun cas, ses activit\u00e9s cin\u00e9matographiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Laetitia BAYALA<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9gion du Nord compte 04 salles de cin\u00e9ma dont une seule fonctionne. Il s\u2019agit du cin\u00e9 Palace de Ouayigouya. Cette salle priv\u00e9e rencontre, cependant, beaucoup de difficult\u00e9s. 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