{"id":249,"date":"2020-02-17T14:18:20","date_gmt":"2020-02-17T14:18:20","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/sulunsukuku\/?p=245"},"modified":"2020-02-17T14:18:20","modified_gmt":"2020-02-17T14:18:20","slug":"lenfant-concu-comme-un-projet-de-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sulunsuku.net\/?p=249","title":{"rendered":"L\u2019enfant con\u00e7u comme un projet de vie"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Avec \u00ab&nbsp;<\/strong><em><strong>Weldi&nbsp;<\/strong><\/em><strong>\u00bb Mohamed Ben Attia signe son deuxi\u00e8me long m\u00e9trage fiction. Dans ce film, le r\u00e9alisateur et sc\u00e9nariste tunisien op\u00e8re une plong\u00e9e dans la vie d\u2019une famille dont la tranquillit\u00e9 volera en \u00e9clats de mani\u00e8re compl\u00e8tement inattendue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il s\u2019en d\u00e9gage une probl\u00e9matique bien d\u2019actualit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mohamed Ben Attia peint, dans sa deuxi\u00e8me fiction d\u2019une heure quarante-quatre minutes (1h44min) , une famille \u00e0 la fois soud\u00e9e et fragile. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, il y a Riadh. Un p\u00e8re de famille tr\u00e8s aimant, attentionn\u00e9 envers son fils. Parfois un peu candide, il prend la vie avec une certaine l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, il y a Nazli, la m\u00e8re. Plus r\u00e9aliste, elle sait prendre le contr\u00f4le des choses, quitte \u00e0 jouer souvent le r\u00f4le de chef de famille. Entre les deux, se trouve Sami, le fils \u00ab&nbsp;ch\u00e9ri&nbsp;\u00bb. C\u2019est un adolescent en qu\u00eate de son identit\u00e9 et se sentant, par moments, oppress\u00e9 par tant d\u2019amour de la part de ses parents. Le r\u00e9alisateur montre, l\u00e0, des parents coup\u00e9s du monde dont la seule occupation est de veiller au bien \u00eatre de leur enfant. En effet, la cam\u00e9ra suit de tr\u00e8s pr\u00e8s les personnages, mettant \u00e0 nu leur intimit\u00e9 et brisant, ainsi, toutes les barri\u00e8res que cette famille a toujours dress\u00e9es face au monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Sami, \u00ab&nbsp;l\u2019espoir&nbsp;\u00bb de ses parents, est sur le point de passer le bac et cela attire toute l\u2019attention de ses parents. Ils attendent, de leur gar\u00e7on, qu\u2019il r\u00e9ussisse \u00e0 son examen afin de poursuivre plus tard des \u00e9tudes universitaires. Mais de terribles migraines, entrainant des \u00e9vanouissements du jeune homme, viennent troubler la qui\u00e9tude des parents. Ces derniers se donnent alors pour mission de gu\u00e9rir leur enfant de ce myst\u00e9rieux mal.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Mohamed Ben Attia compte bien susciter, chez le spectateur, d\u2019innombrables questions quant \u00e0 la suite du film. Contre toute attente, Sami dispara\u00eet, brusquement, \u00e0 quelques jours du baccalaur\u00e9at. Ses parents sont plong\u00e9s dans un total d\u00e9sarroi. C\u2019est alors que le titre du film rev\u00eat tout son sens, \u00ab&nbsp;<em>Weldi&nbsp;<\/em>\u00bbou \u00ab&nbsp;<em>mon ch\u00e8re enfant<\/em>&nbsp;\u00bb. Certes, cette phrase peut para\u00eetre tr\u00e8s simple, mais elle repr\u00e9sente \u00ab&nbsp;un cri de c\u0153ur&nbsp;\u00bb pour Riadh. Le p\u00e8re entamera un p\u00e9riple \u00e0 la recherche de Sami, parti en Syrie.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, de nombreuses questions se posent. Comment cela a pu arriver&nbsp;? Pourquoi Sami est-il parti en Syrie, lui qui, de nature, est respectueux et sage&nbsp;? Comment reconnait-ont les potentiels combattants en Syrie? Viennent-ils de familles pauvres? Riches? Modestes? Croyantes? D\u2019immigr\u00e9s?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le r\u00e9alisateur il ne peut pas y avoir de mod\u00e8les types car tous les profils socio-\u00e9conomiques peuvent \u00eatre de potentiels combattants en Syrie, \u00ab&nbsp;<em>On ne peut cataloguer un quelconque groupe ou une tierce personne parce qu\u2019autant il y a des tunisiens, il y a \u00e9galement des belges, des fran\u00e7ais, des m\u00e9decins, des pauvres, etc. Je ne suis donc pas \u00e0 mesure d\u2019expliquer cela<\/em>&nbsp;\u00bb soutient-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9alisateur en plein \u00e9change avec son acteur principal pendant le tournage du film \u00ab\u00a0Weldi\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous retenons, alors de ce film, cette force qui s\u2019impose \u00e0 nous qui invite \u00e0 l\u00e2cher prise dans certaines situations, face aux vicissitudes de la vie. Les raisons du d\u00e9part de Sami en Syrie sont introuvables. De m\u00eame que celles de l\u2019\u00e9chec de son p\u00e8re dans la tentative de le retrouver. La mort tragique de Sami loin de chez lui, et la s\u00e9paration de ses parents apr\u00e8s sa disparition restent, elles aussi, inexplicables. Ce sentiment d\u2019impuissance nous montre que notre vie peut, du jour au lendemain, \u00eatre boulevers\u00e9e sans aucune raison apparente.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous retenons, \u00e9galement, de ce film la qualit\u00e9 du jeu des acteurs qui ont su nous transmettre diff\u00e9rentes \u00e9motions. La col\u00e8re, quand Riadh manque, de peu, de se battre avec un camarade de son fils dans la cour de l\u2019\u00e9cole parce qu\u2019il accuse ce dernier d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de la disparition de Sami. Le p\u00e8re de famille empoigne avec fureur les cols de l\u2019adolescent, sous les regards horrifi\u00e9s de ses camarades. Le d\u00e9sespoir, aussi, est contagieux lorsque Riadh, de retour \u00e0 la maison sans son fils, essaie, tant bien que mal, avec son \u00e9pouse d\u2019avoir une vie normal. Ce couple qui, autrefois, partageait les repas avec son fils dans la joie, malgr\u00e9 les probl\u00e8mes quotidiens, le fait maintenant dans un silence pesant. De m\u00eame, on est envahi de joie quand les parents apprennent, via une webcam, qu\u2019ils sont grands-parents d\u2019un gar\u00e7on n\u00e9 en Syrie. Heureuse, la d\u00e9sormais grand-m\u00e8re fond en larmes. On est, enfin, triste avec Riadh qui, les larmes aux yeux, regarde le train s\u2019\u00e9loignant avec Nazli. Cette sc\u00e8ne traduit la rupture du couple.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Weldi&nbsp;<\/em>\u00bb, &nbsp;produit par la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne Nomadis Images g\u00e9r\u00e9e par Dora BOUCHOUCHA,&nbsp;\u00e0 travers ce drame familial, aborde une probl\u00e9matique sensible et d\u2019actualit\u00e9, le djihadisme. Le ph\u00e9nom\u00e8ne prend de l\u2019ampleur et touche de nombreux pays dont le Burkina Faso.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ana\u00efs KERE<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec \u00ab Weldi \u00bb Mohamed Ben Attia signe son deuxi\u00e8me long m\u00e9trage fiction. Dans ce film, le r\u00e9alisateur et sc\u00e9nariste tunisien op\u00e8re une plong\u00e9e dans la vie d\u2019une famille dont la tranquillit\u00e9 volera en \u00e9clats de mani\u00e8re compl\u00e8tement inattendue. 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