{"id":247,"date":"2020-02-17T14:03:25","date_gmt":"2020-02-17T14:03:25","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/sulunsukuku\/?p=239"},"modified":"2020-02-17T14:03:25","modified_gmt":"2020-02-17T14:03:25","slug":"black-mamba-une-heroine-en-quete-de-liberte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sulunsuku.net\/?p=247","title":{"rendered":"\u00ab Black Mamba \u00bb, une h\u00e9ro\u00efne en qu\u00eate de libert\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p><em><strong>La r\u00e9alisatrice et photographe tunisienne Amel Guellaty comp\u00e9tissait en s\u00e9lection officielle du 26<\/strong><\/em><sup><em><strong>e<\/strong><\/em><\/sup><em><strong>&nbsp;FESPACO avec son court m\u00e9trage \u00ab&nbsp;Black Mamba&nbsp;\u00bb. D\u2019une dur\u00e9e de 20 minutes, ce film, qui aborde le th\u00e8me de la libert\u00e9 de la femme, a su subjuguer les membres du jury du prix Thomas Sankara. C\u2019est ainsi que, pour sa troisi\u00e8me \u00e9dition, ce prix lui a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un gros plan sur le visage triste d\u2019une jeune fille, qui se trouve dans une salle de bain. On suit le mouvement de sa main qui s\u2019empare du poudrier qu\u2019elle ouvre et se poudre le visage. Ensuite elle applique du rouge \u00e0 l\u00e8vre sur sa bouche. On remarque que cette jeune fille tente de camoufler un visage qui a re\u00e7u des coups. C\u2019est ainsi que d\u00e9bute le film&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Black Mamba&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alisatrice raconte, tout au long du film, le combat d\u2019une jeune femme, du nom de Sarra, qui refuse de se marier parce qu\u2019elle tient \u00e0 sa libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais de quelle libert\u00e9 s\u2019agit-il ? Est-ce celle de poursuivre ses \u00e9tudes en couture&nbsp;? De choisir son propre mari et pas celui qui lui a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 par sa m\u00e8re&nbsp;? Le refus de continuer \u00e0 subir des coups qui marquent son visage&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.sulunsuku.com\/FR\/assets\/ckfinder\/core\/connector\/php\/uploads\/images\/AMEL%20GUELLATY.jpeg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alisatrice du film, Amel Guellaty<\/p>\n\n\n\n<p>Amel Guellaty d\u00e9peint, dans son film, une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle la femme n\u2019a pas son mot \u00e0 dire m\u00eame quand il est question de son futur. Elle y montre, aussi, une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la femme est responsable de ses malheurs. Par exemple, lorsque Sarra se rend \u00e0 son cour de couture, elle est critiqu\u00e9e par d\u2019autres femmes qui, au lieu, de la plaindre en voyant son visage l\u2019incriminent. \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>Si on l\u2019a battue c\u2019est qu\u2019elle l\u2019a recherch\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb affirment ces derni\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Sarra se sent, alors, comme dans une prison. Elle se retrouve partag\u00e9e entre son d\u00e9sir de libert\u00e9 et son devoir de fille qui est de respecter les d\u00e9cisions de sa m\u00e8re, et celui de la femme qui doit se soumettre aux r\u00e8gles \u00ab&nbsp;machistes&nbsp;\u00bb de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long du film, la r\u00e9alisatrice guide sur une fausse piste, et fait croire, que Sarra est une femme battue par son futur mari. D\u00e8s le d\u00e9but du film, face au Miroir de la salle de bain, elle se rappelle d\u2019une discussion entre elle et sa m\u00e8re. Celle-ci, pour la rassurer, lui disait que malgr\u00e9 le fait que son futur mari, Mahmoud, l\u2019avait battue, qu\u2019il poss\u00e9dait, \u00e9galement, des qualit\u00e9s \u00e0 ne pas n\u00e9gliger.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, on se dit, sans aucune h\u00e9sitation, que ce film traite du th\u00e8me de la violence faite aux femmes. Mais contre toute attente, il y a un renversement de situation, car si Sarra a le visage marqu\u00e9 par des coups, c\u2019est par ce qu\u2019elle pratique la boxe.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rideau est alors lev\u00e9, et l\u2019on suit cette&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Black Mamba&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;qui, tous les soirs, avec la complicit\u00e9 de son grand fr\u00e8re, quitte sa maison, \u00e0 l\u2019insu de sa m\u00e8re, pour aller combattre sur des rings. Sarra a soif de libert\u00e9. Et cela passe, d\u2019abord, par son envie d\u2019\u00e9voluer dans la boxe. Cette discipline qui compte peu de femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alisatrice aborde, ainsi, le th\u00e8me de la libert\u00e9 de la femme. Une th\u00e9matique qui, depuis des ann\u00e9es, a \u00e9t\u00e9 le combat de nombreux r\u00e9alisateurs. D\u00e9j\u00e0, en 1976,&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Muna Moto&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;de Jean-Pierre Dikongu\u00e9-Pipa abordais ce th\u00e8me. En effet, dans ce film du r\u00e9alisateur camerounais, l\u2019h\u00e9ro\u00efne affirme sa libert\u00e9 en voulant \u00e9pouser l\u2019homme qu\u2019elle aime malgr\u00e9 l\u2019incapacit\u00e9 de ce dernier \u00e0 payer sa&nbsp;dot. Elle fait face, en plus, \u00e0 la pression de ses parents pour qu\u2019elle \u00e9pouse un homme plus riche.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors,&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Black Mamba&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;est l\u2019histoire d\u2019une jeune femme d\u2019apparence ordinaire au revenu modeste mais qui cache, en r\u00e9alit\u00e9, le r\u00eave de devenir une grande boxeuse. Ce qui marque dans ce film, c\u2019est la subtilit\u00e9 avec laquelle la r\u00e9alisatrice a gliss\u00e9 dans l\u2019histoire des d\u00e9tails qui expliquent que Sarra est une boxeuse. Par exemple dans une sc\u00e8ne, l\u2019h\u00e9ro\u00efne cour \u00e0 vive allure dans la rue. Peut-\u00eatre, tentait-elle de fuir cette violence qui l\u2019oppresse tant ? Cette sc\u00e8ne, sans qu\u2019on le sache, montre qu\u2019elle est une sportive, une boxeuse. Si l\u2019on se rappelle des films comme Rocky Balboa, le boxeur le plus c\u00e9l\u00e8bre du cin\u00e9ma, il y a des sc\u00e8nes comme celles-ci o\u00f9 l\u2019acteur, Sylvester Stallone s\u2019entraine en courant dans la rue.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, ce film a su accrocher les spectateurs avec la musique. Au d\u00e9but du film elle est lente et peu audible. Mais par la suite, il y a une puissance dans la musique, lorsque Sarra est sur le ring, face \u00e0 son adversaire, pour un combat qui lui sera d\u00e9cisif pour la suite de sa carri\u00e8re. Et \u00e0 la fin, la musique se fait plus douce, plus gaie, plein d\u2019espoir quand Sarra, habill\u00e9e en robe de mari\u00e9e et ayant sa cape et ses gants de boxe sur ses \u00e9paules, se retrouve dans un bus pour aller poursuivre sa carri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.sulunsuku.com\/FR\/assets\/ckfinder\/core\/connector\/php\/uploads\/images\/Prix%20Thomas%20SANKARA.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le jury Prix Thomas Sankara remettant le prix \u00e0 Nadia El Fani repr\u00e9senatant la laur\u00e9ate<\/p>\n\n\n\n<p>On retient, \u00e9galement dans ce film, les plans qui sont toujours rapproch\u00e9s, ce qui permet d\u2019\u00eatre li\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efne et de vivre ce qu\u2019elle vit. Quant \u00e0 la lumi\u00e8re au d\u00e9but, elle est plut\u00f4t faible. Cela, traduit ses angoisses, ses peurs, ses craintes. Par contre, dans la derni\u00e8re sc\u00e8ne du film, lorsque Sarra est dans le bus, la lumi\u00e8re augmente en intensit\u00e9. L\u00e0, la r\u00e9alisatrice voudrait transmettre le message selon lequel, Sarra est heureuse, et qu\u2019il y a de l\u2019espoir pour elle d\u2019\u00eatre libre en pratiquant la boxe.<\/p>\n\n\n\n<p>Aborder un tel th\u00e8me avec peu de dialogues mais qu\u2019au fil des minutes l\u2019on comprenne de quoi traite le film, est une des forces de&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Black Mamba&nbsp;\u00bb<\/em>. A cela s\u2019ajoute le jeu convaincant des personnages. Sarah Hannachi qui a incarn\u00e9 l\u2019h\u00e9ro\u00efne du film a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dible car elle a su transmettre les \u00e9motions. Elle a su transmettre l\u2019angoisse ressentie par Sarra au moment o\u00f9 elle s\u2019acharnait sur le sac de frappe avant de monter sur le ring. Elle mettait toute sa rage dans ses coups, avant de fondre en sanglots dans les bras du fr\u00e8re de Sarra.<\/p>\n\n\n\n<p>Amel Guellaty, \u00e0 travers&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Black Mamba&nbsp;\u00bb<\/em>, aborde un th\u00e8me qui, malgr\u00e9 dans ann\u00e9es de lutte, est toujours d\u2019actualit\u00e9. En effet, la probl\u00e9matique de la libert\u00e9 de la femme, dans nos soci\u00e9t\u00e9s, demeure un combat perp\u00e9tuel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ana\u00efs KERE<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9alisatrice et photographe tunisienne Amel Guellaty comp\u00e9tissait en s\u00e9lection officielle du 26e FESPACO avec son court m\u00e9trage \u00ab Black Mamba \u00bb. D\u2019une dur\u00e9e de 20 minutes, ce film, qui aborde le th\u00e8me de la libert\u00e9 de la femme, a su subjuguer les membres du jury du prix Thomas Sankara. C\u2019est ainsi que, pour sa troisi\u00e8me \u00e9dition, ce prix lui a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":394,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"tdm_status":"","tdm_grid_status":"","footnotes":""},"categories":[14],"tags":[],"class_list":{"0":"post-247","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-reagrd"},"featured":[],"video_post":[],"video_url":false,"youtube_url":"","vimeo_url":"","custom":{"featured_image":"https:\/\/sulunsuku.net\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/news_130_1-1.jpeg","author":{"name":"Sulunsuku","avatar":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/93011c6b81bdf8d984dd7080c3b0ae1c5e701762b963e74febd2552e228403fc?s=96&d=mm&r=g"},"categories":[{"term_id":14,"name":"Regard","slug":"reagrd","term_group":0,"term_taxonomy_id":14,"taxonomy":"category","description":"","parent":8,"count":5,"filter":"raw","cat_ID":14,"category_count":5,"category_description":"","cat_name":"Regard","category_nicename":"reagrd","category_parent":8}],"views":"2"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/247","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=247"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/247\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/394"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=247"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=247"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sulunsuku.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=247"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}